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Mouvement lycéen et étudiant: les blocages de retour et une manifestation non autorisée à Paris
information fournie par AFP 03/11/2026 à 17:40

Des manifestants défilent à Marseille dans le cadre du mouvement lycéen, le 3 novembre 2026  ( AFP / Thibaud MORITZ )

Des manifestants défilent à Marseille dans le cadre du mouvement lycéen, le 3 novembre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

"On ne nous empêchera pas de manifester" : défiant l'interdiction, plusieurs milliers d'étudiants et lycéens se sont rassemblés mardi dans le centre de Paris, tandis que plusieurs facs et lycées enregistraient des blocages.

"On savait qu'on n'avait pas le droit", affirme Nao, 23 ans, doctorant à Jussieu, rencontré par l'AFP dans le cortège parisien. "On nous dit que le mouvement s'essouffle. Mais moi c'est pas ce que je vois", assure-t-il, tout sourire.

Autour de lui, lycéens et étudiants scandent "tous ensemble et toutes ensemble, grève générale" ou reprennent en choeur des slogans contre les forces de l'ordre.

La préfecture de police de Paris a fait état de deux cortèges sauvages, qui ont été "repérés et immédiatement encadrés par les policiers".

Bloqués pendant une heure, les jeunes sont repartis dans l'après-midi vers la Sorbonne, d'où devait partir initialement la manifestation, avant de se disperser dans le calme aux alentours de 16H00, a constaté l'AFP.

Le parcours souhaité par l'Interfac IDF, qui se présente comme l'assemblée générale des étudiants des facultés franciliennes, devait relier le Panthéon au siège du Medef mais la préfecture a mis son véto n'autorisant qu'un défilé en périphérie. Les autorités attendaient entre 10.000 et 20.000 manifestants.

Pour Mael, 20 ans, en magistère de relation internationale à Paris-I, l'interdiction de manifester dans le centre de Paris n'a rien de surprenant mais il se dit "choqué" par la "répression" que subit le mouvement étudiant.

Toujours mécontentes des annonces faites par le gouvernement, les organisations de jeunesse ont lancé un appel mardi aux blocages des facs et des lycées avant la mobilisation interprofessionnelle nationale du 5 novembre (jeudi) à laquelle elles entendent participer.

Bataille de chiffres

Sur l'ensemble du territoire, quarante-huit lycées, sur les quelque 3.700 que compte la France, étaient bloqués mardi, selon le ministère de l'Éducation.

Des chiffres de nouveau contestés par l'Union syndicale lycéenne (USL), qui dit en avoir recensé dix fois plus (500).

"Nos élèves ont besoin d’aller en cours pour préparer le baccalauréat et la suite de leurs études. Les empêcher d’entrer dans leur lycée, c’est les priver d’un droit fondamental, celui de s’instruire", a redit sur X le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

"Dans certains de ces lycées, des personnels de l’Éducation nationale ont de nouveau été victimes de violences (...) Chaque fois qu’un membre de l’institution scolaire est pris à partie dans l’exercice de ses fonctions, nous saisissons la justice", affirme-t-il.

Des lycéens brandissent des pancartes revendicatives devant le lycée Toulouse-Lautrec à Toulouse, le 3 november 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Des lycéens brandissent des pancartes revendicatives devant le lycée Toulouse-Lautrec à Toulouse, le 3 november 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Les forces de l'ordre étaient fortement mobilisées devant les établissements scolaires à travers la France.

A Rennes, la police a dispersé en fin de matinée les quelques centaines de lycéens, accompagnés de syndicalistes et enseignants, qui déambulaient dans le calme en centre-ville malgré l’interdiction de manifester.

Plusieurs dizaines d’élèves ont été contrôlés après avoir été nassés, sans réel incident, a constaté l'AFP.

"Le plus important pour moi c'est les profs, parce que déjà l'année dernière j'ai eu trois mois sans prof de math et ça se remarque maintenant", témoigne Noé,16 ans, en première au lycée Émile-Zola.

"On est arrivé à un stade où, si on retourne en cours maintenant, on aura perdu un mois (de cours) pour rien. (...) Autant continuer, au point où on en est", analyse Assia, mégaphone dans la main gauche.

"Ici, c'est 35 élèves par classe presque partout et un bâtiment adapté ni aux fortes chaleurs, ni au grand froid", affirme Raphaël Geromini, professeur de mathématiques et membre du SNES-FSU, devant le lycée Toulouse-Lautrec (à Toulouse).

Semaine noire

A Lille, où des policiers étaient présents devant certains lycées mardi matin, la préfecture a déployé un "dispositif de sécurité" devant une dizaine d’établissements de la métropole pour "garantir la sécurité" des élèves souhaitant assister aux cours.

Le préfet du Bas-Rhin a de son côté interdit pour toute la semaine les "rassemblements constituant une manifestation revendicative sur la voie publique" dans un rayon de 50 mètres autour de 11 lycées de l'Eurométropole de Strasbourg.

Côté universités, plusieurs campus dont ceux de Moulins et de Pont-de-Bois, deux des principaux de l'université de Lille, sont fermés pour la journée à la suite de blocages, a annoncé l'université à l'AFP.

Sur le campus Moulins, André-Baptiste, étudiant de 19 ans, estime que le blocage est le fait d'"une minorité". "On est beaucoup plus nombreux à être là aujourd'hui juste pour aller en cours (...) on nous prive de notre éducation", souligne-t-il.

Après plus d'un mois de blocus, le gouvernement a annoncé une série de mesures la semaine dernière pour tenter d'éteindre la colère des jeunes, dont le remplacement progressif d'ici 2028 de Parcoursup, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15.000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur.

Lundi, 15% des établissements de l'enseignement supérieur ont été perturbés, selon le ministre Philippe Baptiste. Certains comme la fac de Dauphine-PSL à Paris prévoit de rester portes closes jusqu'à jeudi inclus.

L'intersyndicale regroupant l'USL, l'Unef, la Fage et l'Union étudiante réclame de son côté toujours l'abrogation de la plateforme d'orientation post-bac et 10 milliards d'euros d'investissement.

12 commentaires

  • 18:40

    Comment faire arrêter les manifestations ? Facile. Fermer les lycées les plus exposés. Faire savoir que dans une semaine seront admis les lycéens ayant reçu une réponse favorable à une gentille demande de réadmission.


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